Fin avril, nous avons commencé les répétitions des Cauchemars du gecko, de Jean-Luc RAHARIMANANA. La mise en scène est de Thierry Bedard.
Les cauchemars du gecko est une création, par fragments, et vient d’une commande de Thierry Bedard à Jean-Luc, l’auteur. En effet, il a demandé pour Avignon 2009, à Jean-Luc RAHARIMANANA d’écrire pour six acteurs et un musicien, un état du monde vu d’un des pays les plus pauvres du monde : Madagascar.
Abus de pouvoir des pays riches sur les plus pauvres, capitalisme outrancier, orgueil occidental, violences ordinaires faites aux plus démunis, laissés pour compte, esclavagismes et hypocrisies de nos sociétés dites “modernes”, l’Afrique mourante et toutes nos indifférences, un monde qui s’éteint…
Le travail est douloureux car il nous questionne dans nos quotidiens mais voilà le sujet le plus essentiel auquel j’ai eu affaire depuis des années. Nous sommes en plein travail mais je vous invite à venir à Avignon, cet été, car Les Cauchemars du gecko sera joué dans le IN du 20 au 25 juillet (OFF le 23 juillet), au gymnase Aubanel. Pour tous renseignements et plus d’informations, vous pouvez consulter le site du festival d’Avignon.
Venez nombreux ! Et malgré la violence du propos, beaucoup d’humour y fuse, et ce, grâce à l’intelligence lucide, acide et caustique de RAHARIMANANA et à l’acuité de Thierry BEDARD.

Je jouerai donc à nouveau dans Le Misanthrope de Molière, mise en scène de Enrico Di Giovanni, du 8 janvier 2009 au 21 février 2009, dans le rôle de Célimène.
Les horaires sont : du mercredi au vendredi à 20h30, le samedi à 17h et 21h, le dimanche à 15h.
Réservations au : 01 43 31 11 99. Théâtre Mouffetard, 73 rue Mouffetard, 75005 Paris. Métro : Place Monge. theatremouffetard.com.

Voici également des photos du Misanthrope de Molière, mise en scène de Enrico Di Giovanni, où j’interprétais le rôle de Célimène. C’était en 2007-2008, et nous reprenons le spectacle du 8 janvier au 21 février 2009, au théâtre Mouffetard.

Voici quelques photos de L’Orestie d’Eschyle, en 2007 (mise en scène de David Géry). J’y jouais Cassandre.

En avril 2007, j’ai participé à un stage de cinéma en tant que comédienne, dans le cadre d’Emergence. Stage qui permet aux jeunes réalisateurs lauréats du stage de réaliser leurs courts-métrages – sortes d’échantillons de leurs futurs longs métrages à venir.
Le stage s’est constitué d’une session de cours de jeu devant la caméra dirigée par Tatiana Vialle (directrice de casting) et Bruno Nuytten (Camille Claudel). Après chaque journée, nous visionnions tous ensemble nos scènes et nous discutions de ce qui pouvait être amélioré ou ce qui ne l’était pas.
Durant ce stage Emergence, j’ai eu la chance de tourner un court-métrage avec la réalisatrice et actrice Brigitte Sy. Le film C’est toi qu’elle regarde a été l’opportunité pour Brigitte et moi-même de vivre une belle aventure humaine autant qu’artistique. Aujourd’hui encore, nous continuons à partager nos goûts communs pour certains cinéastes et une forme de passion pour le théâtre. Brigitte devrait réaliser dans quelque temps son premier long-métrage Les mains libres avec Ronit Elkabetz et Carlo Brandt.
A Emergence, j’ai eu l’opportunité de travailler également avec Jérôme Bonnell (J’attends quelqu’un). Lors de sessions de jeu devant la caméra, nous avons travaillé ensemble sur Série Noire d’Alain Corneau.

“Emergence” 2007
Stage de cinéma sous la direction de Bruno Nuytten, Tatiana Vialle et Jérôme Bonnell

Nous avons commencé les répétitions de L’Orestie d’Eschyle, mise en scène par David Géry, le 1er octobre 2007.
Celui-ci (ainsi que Laura Koffler) m’avait choisie pour y interpréter le rôle de Cassandre aux côtés de Yann Collette (Apollon), Maurice Bénichou (Agamemnon), Caroline Chaniolleau (Clytemnestre), ainsi que 11 autres acteurs dont Sylvain Dieuaide qui jouait Oreste.
Deux mois intenses de répétitions au théâtre de la Commune d’Aubervilliers m’ont fait découvrir un rôle incroyablement difficile sur lequel je ne pensais pas pouvoir quelque chose. Comparable en cela, en sa logique intérieure, à l’Ophélie de Shakespeare.
Cassandre, prophétesse aimée d’Apollon, mais qui se refusant à lui se voit damnée par le dieu – à cause même de ce refus. Sa damnation, sa tragédie : personne ne croira jamais ses prophéties, celles-ci pourtant toujours vraies et justes. Cassandre annonce, dès Agamemnon, la tragédie des Atrides, et les deux pièces futures. Elle annonce la tragédie en mourant de la main même d’Apollon. Chaque prophétie la tue à petit feu. Sa résistance et sa lucidité la tuent pour toujours. Mais la tragédie arrive tout de même.
Sacrifiée intemporelle du Dieu, passion malgré elle du Dieu : elle est l’incarnation du souffle divin qui malgré elle s’exprime, s’exprimera et finira par la tuer. Victime d’une forme de cruauté d’Apollon.
L’exploitation du spectacle a eu lieu du 28 novembre au 21 décembre au théâtre de la commune.
Comme pour Le Viol de Lucrèce, la rencontre avec Cassandre fût pour moi un moment fébrile mais très puissant où le travail prévalait sur tout.
J’étais si heureuse de travailler ce rôle chaque soir, gardant en tête les précieux conseils de Nicolas Vladyslav (danseur et chorégraphe de Sidi Larbi Cherkaoui notamment) avec qui Yann et moi avions préparé cette longue scène d’ultime prophétie, et de mort.
Encore un bonheur scénique de plus. Yann et moi, nous nous retrouvions comme des enfants à jouer cette scène toute en sensualité un peu sauvage et en souffrance du verbe prophétique. Les cris, les larmes, la joie de jouer et la joie intense d’être si bien accompagnée sur la scène : je suis sortie de ces trois semaines de jeu plus remplie que jamais d’un rôle incandescent.
Ce métier parfois permet de telles rencontres avec lesquelles je grandis et qui me constituent si fort qu’après coup je me sens vide et esseulée.

L’Orestie d’Eschyle
mise en scène de David Géry
Théâtre de la Commune, Aubervilliers
Octobre – fin décembre 2007

Mise en scène de Ali Razi
Mars 2007

Avec Hassan Madjooni, dans une mise en scène d’Ali Razi, nous reprenons le spectacle crée en janvier 2006 au théâtre de la ville de Téhéran. Nous jouons le 27 et 28 mars à l’auditorium Saint Germain, à Paris.
C’est avec une immense joie que je retrouve l’équipe et le spectacle lui-même, onirique, elliptique et pour moi comédienne: sensoriel. Je ne comprends toujours pas un mot de perse mais cette civilisation raffinée et lumineuse me fascine toujours autant.
Par son paradoxe aussi elle me fascine. La volonté que je constate chaque jour chez eux de conjuguer la tradition passée et l’envie grandissante d’aller vers un avenir plus joyeux. Cette ambigüité rend mes amis iraniens riches et tenaces.

Mise en scène de Enrico di Giovanni
Août 2006- janvier/fevrier 2007

Au mois d’août 2006, nous avons répété le misanthrope de Molière durant 1 mois à Fontenay sous bois. Dans une mise en scène d’Enrico Di Giovanni et la compagnie du plateau.
Ce premier travail était un grand défrichage de la pièce, complexe.
J’y tiens le rôle de Célimène et j’ai beaucoup de joie à le faire. Ce rôle de féministe avant l’heure, mariée (peut être trop?) tôt et veuve jeune, voulant profiter pleinement des plaisirs de l’existence humaine me reste comme le rôle le plus moderne que j’ai joué. Moderne dans le sens où Célimène est une fille de mai 1968. Et des années 70 qui suivent. Malheureusement, elle est de 1734, ce qui lui interdit de telles libertés; le féminisme n’ayant pas encore bouleversé la société. Elle se voit alors contrainte par elle et jugée par elle comme une fille facile et légère. Enrico n’a voulu ni juger ni défendre Célimène mais la laisser telle qu’elle parle: humaine et détestable, adorable et puissante. Toujours luttant pour son plaisir et ses droits. Décapitée à la fin de la pièce par la société du paraître, peut être part elle, seule, pour un bel avenir….
Nous avons joué le misanthrope du 22 janvier 2007 au 02 février 2007 au Théâtre Gérard Philippe de Fontenay sous Bois.

Mise en scène de Marie-Louise Bischofberger
Septembre 2006-décembre 2006

En avril-mai 2006, a été joué à la maison de la culture de Bobigny (MC93) le poème de William Shakespeare traduit par Yves Bonnefoy et mis en scène par Marie-Louise Bischofberger. A Bobigny, il était interprété par Rachida Brakni et Pascal Bongard.
Rachida ne pouvant assurer la tournée, Marie-Louise Bischofberger a fait appel à moi pour reprendre le rôle de Lucrèce.
Nous avons commencé les répétitions le 18 septembre, pour une durée de 3 semaines. Tout, dans ce projet, m’a d’emblée enchantée et portée. La rencontre artistique et humaine avec Marie-Louise et Pascal Bongard m’a tout à coup donnée la confiance qui, jusqu’alors m’avait manquée dans mon métier de comédienne.
Et bien entendu l’expérience autour du viol, d’un point de vue du violeur (Tarquin joué par Pascal) et de la victime (Lucrèce). Le point de départ de Marie-Louise pour l’approche de ce thème fort délicat est le film de Martin Scorsese “Who’s that knocking at my door?”. Elle a ensuite beaucoup lu et m’a fait lire de nombreux ouvrages tels que “King Kong Théorie” de Virginie Despentes, “The trouble with blame” de Sharon Lamb, “Real rape” de Susan Estrich, “Tess of the D’Urbervilles” de Thomas Hardy.
A travers la longue plainte de Lucrèce qui mène à son suicide, Marie-Louise a mis l’accent sur l’impossibilité pour Lucrèce de survivre à l’agression. Et du suicide comme acte de liberté deséspéré sur son propre corps.
Le travail a été intense et passionnant. Toujours sur un fil, nous ne nous sommes, qu’à travers les déplacements, inspirés de la 1ère version. Marie-Louise, Pascal et moi travaillions dans une alchimie totale où la pensée fut assez peu permise; nous ne disposions que de 3 semaines!
Il nous a fallu aller tout de suite au coeur de l’émotion, dans un certain abandon et une confiance mutuelle. Sans trop réflechir.
La tournée de 21 dates est passée par Colombes, L’île de la Réunion, Toulouse, Tarbes, Perpignan, Chartres, Cherbourg, Ludwigschafen (Allemagne), Le Luxembourg, Bourges.
Le viol de Lucrèce reste dans mon coeur le travail qui m’a le plus comblée artistiquement, humainement et spirituellement.

Les Chevaux du ciel tombent en pluie de poussière
Après deux mois de répétitions, nous avons joué Les Chevaux du ciel, pièce de Naghmeh Samini, mise en scène d’Ali Razi, au 23e festival de Fajr à Téhéran. Ali Razi a obtenu le prix de la mise en scène à cette occasion.
Au mois de février, la pièce a été reprise une dizaine de fois au théâtre de Téhéran. Elle eut un succès émouvant pour nous (malgré la censure dont elle fut l’objet), et ma joie fut intense d’interpréter quatre personnages aussi singuliers : une jument, un soldat décapité durant une bataille, une jeune femme enceinte souffrant depuis des millénaires de ne pouvoir accoucher, et enfin, la métaphore du destin. Cette pièce parle de Syavash, mythe tiré du livre des rois, héros martyr dont l’épreuve est de traverser le feu accompagné de sa jument.
Nous avons l’intention de jouer cette pièce à Paris et en tournée.

Film documentaire de Tinouche Nazmjou
Fin janvier 2006, nous avons entrepris avec le réalisateur franco-iranien Tinouche Nazmjou, accompagné d’une équipe technique exclusivement iranienne, le tournage sur un mois d’un film documentaire. Ce film suit mon parcours de comédienne “française” à Téhéran, à travers la pièce Les Chevaux du ciel mais aussi à travers de nombreuses rencontres. Notamment avec des religieux, des artistes et des citoyens iraniens. J’ai pu rencontrer, grâce à ce film, de nombreux points de vue sur la religion, l’art, la difficulté de créer, la curiosité, et la révolte parfois, qui animent les Iraniens aujourd’hui.
Ce fut pour moi un travail passionnant et enrichissant. Et un choc.
Ma rencontre avec le cinéaste Abbas Kiarostami fut un des moment les plus émouvants de ce périple de deux mois en Iran.
La suite du film concernera Hasan Madjooni à Paris lors de la reprise des Chevaux du ciel dans notre pays.

Laure, Une rupture, 1934
Nazim Boudjenah, contraint de quitter le projet de Laure, a achevé en novembre 2005 l’adaptation des Lettres de Colette Peignot à Boris Souvarine.
C’est le metteur en scène Nathalie Gauthard qui mettra ce long monologue en scène. Et nous cherchons actuellement une programmation qui accueillerait le spectacle.

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